Après avoir réfléchi a la position européenne du
MoDem, j'allais me pencher sur l'économie quand j'ai été surpris par un virus qui m'a cloué au
lit... en conséquence et avec retard, voici les réflexions sur l'économie et l'emploi.
Sur la question de la place de l’économie et du rôle de l'état, la gauche et la droite sont très divisées en interne sur le plan des idées : pour le PS, une partie de son aile gauche
représentée par Jean-Luc Mélenchon ou Henri Emmanuelli n’a toujours pas complètement accepté le principe de l’économie de marché : d’après eux la parenthèse ouverte par Mitterrand en 1982 sur le
libéralisme économique doit maintenant être refermée…
Quant à la droite, entre les disciples ultra-libéraux d’Alain Madelin (ou son successeur Hervé Novelli et sa centaine de députés libéraux) et ceux qui comme Chirac témoignent d’un
attachement certain à l’état et à son rôle économique, le fossé apparaît est immense. Ce fossé explique en partie l’opposition d’une partie de l’UMP à la politique économique de Sarkozy et certains
« couacs » sur la TVA sociale ou sur les réformes économiques.
Au
MoDem, la position économique n’est ni de faire une politique « pseudo-keynésienne », qui est « traditionnellement, la politique même
du parti socialiste », qui consiste a faire des cadeaux fiscaux à ceux qui en ont le moins besoin ! la relance économique par la relance de la consommation n'est pas la position du
MoDem; nous pensons que c'est l'emploi la clef.
Pour nous, une
démarche économique passe par la création de richesse, et une meilleure répartition de ses richesses; pour cela il faut une politique de redynamisation du
tissu économique qui est a même de créer de la valeur et de l’emploi.
Création de valeur en aidant les PME et les artisans, de l’emploi en travaillant sur les charges patronales. Créer de la valeur via un small business act à la française qui consiste en trois
idées fortes :
simplification, protection, accès aux marchés publics.
- D’abord, simplification car les contraintes de l’administration, des impôts et les procédures sociales sont un vrai labyrinthe pour beaucoup d’employeurs. L’artisan qui a un ou deux
compagnons, dont la femme assure le quotidien de la comptabilité et des papiers, a une montagne de paperasse a remplir avant de pouvoir embaucher.
- Ensuite, protection, notamment des jeunes entreprises. François Bayrou propose une protection fiscale : exemption dégressive des premiers exercices bénéficiaires, notamment si l’argent
gagné est réinvesti dans l’entreprise ; progressivité de l’impôt sur les sociétés étudiée pour permettre une tranche allégée à 18 %. Cela passe aussi par une obligation de diminution des délais de
paiement des grandes entreprises et de l’Etat à l’égard des PME (délais de paiements particuliérement abusifs dans le cas de la grande distribution comme chacun le sait).
- Enfin un accès aux marchés publics. Aux Etats-Unis 20 % du volume total des grands marchés et la totalité des marchés inférieurs à 50 000 € est réservé aux PME. En France, rien n’est fait dans ce
sens puisque l'on favorise toujours les mêmes grosses entreprises: au
MoDem nous pensons que cela doit changer.
Pour créer de l'emploi, le
MoDem propose que toutes les entreprises françaises puissent
créer deux emplois nouveaux sans
charges pendant cinq ans. Ces emplois seront forcément en CDI (avec une période d’essai) et avec un systéme de plafonnement pour éviter les abus (par exemple sur des emplois
en dessous de 4000 € brut mensuel).
Ensuite il est important de favoriser les entreprises qui innovent et qui créent de l'emploi. Aujourd'hui
une entreprise qui crée des emplois, paye le maximum de charges sociale; si elle n’en crée pas, elle paye très peu. C'est une formidable injustice! Il faut donc réflechir (a coté
des nécessaires charges sociales) a de nouvelles formes de ressources pour l'état : la taxation des mouvements financiers pourrait être une piste, une taxe sur les
bénéfices pourrait en être une autre (taxe qui se substituerait mécaniquement aux charges sociales).
En jouant sur la création d'emploi et la création de richesse, nous pourrons lutter contre les déficits qui se creusent actuellement, améliorer la situation économique en misant sur les
activités de proximité, de services... les activités non délocalisable en clair et garantir le systéme social auxquels nous sommes tous profondément attachés.