Beaucoup de réforme pour rien...

Publié le par Thomas Depaepe

La réforme des institutions a donc été adoptée aux forceps lundi soir. 

Le suspens est resté total jusqu'au bout malgré les tractations plus ou moins secretes depuis quelques temps. En effet, Nicolas Sarkosy s'est dépensé sans relâche et sans grand succés pour convaincre sur le dossier et le refus de la réforme a failli l'emporter puisque le texte n'a été adopté qu'a une voix prés.

Comme l'a souligné François Bayrou "Une seule voix de majorité, après tant de marchandages, de menaces, de promesses et de battage, cela prouve en réalité que les parlementaires n'étaient pas convaincus, même lorsqu'ils étaient du bord du gouvernement, par cette réforme".

Le fait que cette réforme ait été si dure à obtenir démontre au minimun son inutilité car elle ne change rien au fonctionnement désiquilibré entre les différentes institutions, au maximun sa dangerosité car elle accorde davantage de pouvoirs au président sans réel contrepartie.

La réforme confirme donc une présidentialisation qui a été enclenchée il y a quelques années par Lionel Jospin (contre l'avis des Verts, des Communistes et d'une partie de l'UDF) lorsqu'il a décidé d'inverser le calendrier électoral. Ce pari du PS a eut pour effet de placer l’élection présidentielle juste avant les législatives et de transformer cette derniére en plébiscite.
Cette décision a depuis privé les electeurs d'une possibilité de sanctionner le gouvernement a mi-mandat (comme c'est le cas aux Etats Unis d'Amérique) et a conduit a des majorités toutes puissantes en 2002 et 2007.

Pour ce qui est du MoDem, la position a toujours été trés claire : cette réforme ne va pas dans le sens d'une plus grande démocratie et confirme la dérive "présidentialiste". Dés lors les députés MoDem se sont prononcés contre la réforme!
A l'inverse les anciens de l'UDF aujourd'hui au Nouveau Centre ont eu le droit d'aller deguster des petits fours avec Nicolas Sarkozy en remerciement de leur vote.
Je suis fier de la position du MoDem qui, contrairement au Nouveau Centre, a à nouveau démontré son indépendance et sa volonté d'une France plus démocratique.


En parlant d'indépendance, je trouve trés déplacées les attaques de certains cadre du PS contre Jack Lang qui a eu le "courage" de suivre ses idées. En effet, en tant que membre de la commission Balladur sur la reforme des institutions il avait depuis longtemps et trés clairement exprimé sa volonté de voter "pour". Même si je n'ai pas forcément une énorme admiration pour lui, je trouve que sa position a été cohérente et lisible de bout en bout.
Jusqu'a présent, je n'ai entendu que Manuel Valls pour défendre la position de Jack Lang et je l'en félicite car les paroles de Ségoléne Royal a propos de "trahison" m'ont choqué.

Pourquoi attaquer un membre de son parti alors que le PS n'a pas su fédérer les forces de gauche du coté du Non? En effet, derriére l'anecdote Jack Lang, c'est d'abord la défection du parti radical de gauche et de 3 députés d’Outre-mer catalogués en "divers gauche" qui a fait pencher la balance. La défection des radicaux de gauche est d'autant plus terrible que c'est un allié de tout les combats PS (par exemple, sur Champs le PRG est un allié de la majorité municipale menée par Maud Tallet).
Mais la défection aurait pu être plus importante encore puisque plusieurs ténors du PS (Valls, Le Guen, Caresche...) avaient la semaine derniére publié un article dans Le Monde appelant à la raison et a voter le texte!

Mais bon, comme tout bon sportif le sait, seule la victoire compte alors gagner a une voix prés ou a deux cent revient au même : la réforme est adoptée et la démocratie y perd.

Publié dans Reflexions

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