(de) retour... sur les réformes.

Publié le par Thomas Depaepe

Lors des 3-4 derniers mois, je me suis mis quelque peu en "retrait" sur Internet et je n'ai pu livrer mes réflexions sur ce site pour une raison simple : une évolution profesionnelle "surprise" (la "crise" étant passé par là) qui a induit un nouveau travail avec des horaires décalés qui m'on éloignés provisoirement de la blogosphére (et  m'ont obligé a être représenté lors du dernier conseil municipal  ce qui m'a beaucoup ennuyé alors que se votait le budget 2009).

Mais alors que les élections européennes approchent a grands pas (j'y consacrerai quelques "articles" trés bientôt), et que ma conviction pro-européenne a toujours été un moteur de mon engagement au MoDem, c'est avec plaisir que je reprends le contact avec la blogosphére et que je tenais a vous faire partager quelques réflexions sur l'une des mes derniéres lectures avant de parler des européennes dont la campagne est lancé depuis une dizaine de jours au MoDem.

---

Les réformes ratées du président Sarkozy

A un moment ou Nicolas Sarkozy parle presque exclusivement de sa méthode pour sortir de la crise économique, il est bon de regarder les réformes dans le monde économique et budgetaire déjà « prises » par ce dernier ; le moins que l’on puisse dire c’est qu’au regard du passé on avoir peur : la sortie de crise n’est pas pour tout de suite et risque même d’être plus tardive en France qu’ailleurs.

La critique de la méthode et du contenu des réformes de Sarkozy c’est accru ces derniéres semaines abec la sortie du livre :  « les réformes ratées du président Sarkozy »  signé Pierre Cahuc et André Zylberberg, deux économistes de renom de l’école Polytechnique et du CNRS. Et leur constat est réaliste : c’est à dire sans appel !

Si je ne partage pas forcément leur conclusion (en gros, les réformes ne vont pas assez vite et assez loin, dés lors Nicolas Sarkozy devrait moins écouter la rue car sans réforme la France mettra plus de temps a se remettre de la crise et a s’adapter au monde post-crise), on ne peut être qu’impressionné par leur (excellente) analyse du systéme mis en place par le président de la république ; systéme qui brasse du vent (72 lois votés en urgence depuis le début du quinquenat) et coûte toujours plus cher aux Français. Sans compter à coté de ces 72 lois sur instigation de l’Elysée, toutes les mesures annoncés mais toujours pas votées car totalements floues (travail le dimanche, réforme du juge d’instruction …) et ce qui a été abandonné (TVA sociale, Contrat de travail unique, carte judiciaire…) après l’annonce officielle.

 

Du livre, on ressort conforté (et pas rassuré) de l’idée que Nicolas Sarkozy n’est pas capable de redresser la France : ses réformes ne sont pas sumplement «fausses», elles sont «néfastes» car elles aboutissent fréquement à des résultats contraires à l'objectif souhaité. En clair, le président de la république n’a toujours pas prouvé qu’il était en mesure de résoudre les graves problèmes structurels qui handicapent le pays (un taux de chômage très élevé malgré des prélèvements obligatoires records) et de préparer l’avenir ; au lieu de cela, il aggrave encore davantage la situation.

Et s’il aggrave la situation c’est du fait de sa volonté explicite d’aider toujours davantage ceux qui en ont le moins besoin : les ayant-droits, les lobbyes, les salariés en emplois stables, les syndicats installés, les grandes surfaces, etc. alors que la précarité et les difficultés s'abattent toujours sur les mêmes: jeunes, femmes, exclus…

Je prendrais trois exemples pour illustrer l’échec total de sa politique : une réforme annulé, une réforme réalisé mais plus couteuse qu’avant, une réforme sans effet.

 

La carte familliale : une réforme mal préparée.

En partant d’une idée simple (et pas si fausse à mon avis), Nicolas Sarkozy a proposé la suppression de la carte famille nombreuse en arrivant à l’élysée : la carte est injuste (car elle s’applique a toutes les familles quelque soit leur revenu) et inefficace (car la majorité des ayant-droits ne l’utilisent pas). Bercy reçoit donc l’ordre de la supprimer. Mais a peine l’idée est elle lancée que les associations de parents se mobilisent contre la méthode et la suppression. Sarkozy recule dés le lendemain et ajoute qu’il va falloir élargir la carte aux nouvelles « situations famillales ».

Au final, la carte est confortée et un nombre plus élévé de français y auront théoriquement le droit (je dis bien théoriquement car il n’y a pas plus de cartes en circulations qu’avant). On abouti donc pas à une économie, mais a une inflation de dépense pour Bercy car ceux qui disposaient déjà de la carte voient leurs aides augmentées («Partant d'un objectif de réduction des dépenses publiques, on aboutit finalement à des dépenses supplémentaires!» dixit Pierre Cahuc).

On voit ici l’imcapacité de Nicolas Sarkozy a mener une réforme dés lorsqu’il sent son électorat le lacher (heuresement que Mitterand a su s’opposer aux français sur la peine de mort ou Giscard sur l’IVG !). Plutôt que d’expliquer sa réforme (et le bon sens citoyen l’aurait peut être emporté) il recule et lache ses ministres et les cordons des finances. L’aspect social de la réforme qui aurait consisté a mettre un plafond de ressources a l’attribution de cette carte a bien évidemment été ignoré.

 

Les régimes spéciaux de retraite : l’échec total.

L’exemple le plus frappant concerne la réforme des régimes spéciaux. L’idée est la encore simple (mais fausse a mon avis car l’idée est d’abord de monter les salariés les uns contre les autres) : faire émerger davantage de justice sociale. Par la même occasion l’état ferait des économies puisque les salairés bénéficiant avant d’un régime spécial cotiseront davantage et plus logtemps. Mais loin d’aboutir la réforme votée va dans le sens opposé !

En effet, l’accord conclu avec les syndicats permet aux salariés d’integrer leurs primes et avantages dans les salaires. Dés lors les salariés auront deux choix : soit partir au même age qu’aujourd’hui avec une retraite un peu plus élevée qu’aujourd’hui ; soit cotiser plus longtemps et toucher une retraite beaucoup plus élevé. Tant mieux pour les bénéficiaires des régimes spéciaux, mais au final c’est tous les contribuables qui sont lesées et qui vont devoir payer ce surcoût ! Une commission d’enquête devrait d’aileurs être mise sur pied au Sénat pour chiffre le coût de cette réforme car la encore la nébuleuse du coût des réformes du gouvernement a frappée.

 

Les heures supplémentaires : beaucoup de bruit pour rien ?

Loin de bouleverser le marché du travail et relancer l’emploi, cette mesure couteuse (6 milliards d'euros à l'Etat en exonération de cotisations sociales et en défiscalisation) n’a eu aucun effet sur la consommation ou sur l’emploi. Quand on pense que 6 milliards représentent le budget annuel du RMI on est en droit de s’indigner! Pire avec la crise, cette réforme se montre incapable de créer de l’emploi ou de maintenir des gens dans l’emploi a un moment ou l’activité baisse et ou le chomage partiel se généralise.

 

On aurait pu prendre d’autres réformes en exemple (celle des taxis, la réforme de l’état que l’on attend toujours, la représentation syndicale, la réforme LME qui a donné encore plus de pouvoirs aux grandes surfaces, le financement du RSA, la fin des 35 heures…), mais ce serait inutile car la conclusion est toujours identique : Sarkozy donne une illusion de changement mais en fait la réforme ne passe pas ou pire coute plus cher que la situation précédente.

On aurait aussi pu parler du paquet fiscal qui coûte à tous les ménages alors que ses effets ne profitent qu’aux plus riches des français.

 

Aux cotés de François Bayrou, nous nous sommes engagés pour plus d’humanisme, plus de justice sociale. Ce n’est clairement pas l’optique du gouvernement en place. C’est pour cela (et parce que je pense que Sarkozy est une menace constante pour les libertés publiques) que je suis convaincu que nous MoDem devont être (encore plus) exigeant et présent sur chacune des réformes entreprises par le gouvernement. Exigeant pour ne pas se laisser voiler la face par le ritme soutenu des réformes qui ne cache que la vacuité et la nocivité de certaines d’entre elles ; présent pour critiquer les dérives et les politiques publiques qui engagent notre avenir.

Ensemble, nous devons porter haut et fort, en France et en Europe, nos valeurs de justice sociale et d’équité.

Publié dans modem

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article